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Depuis que je suis en institution, j’ai toujours constaté des problèmes sur l’intimité et sur la pudeur d’une personne.
Déjà, toutes les personnes dépendantes ont besoin d’aide pour leur intimité en toute sortes ; normalement, elle ne doivent pas choisir qui le fait : tout le monde doit accompagner tout le monde.
Moi, je suis désolé, mis j’ai une famille, et tout le monde ne m’emmène pas aux toilettes ou autre et on ne m’impose personne, à moins qu’il n’y ait qu’une personne, alors on doit faire avec, et c’est la vie. Mes parents m’ont éduqués comme ça, alors je pensais trouver des institutions un peu sous le même ordre des choses.
Pour en revenir aux institutions, pour ma part, quand quelqu’un m’emmène dans mon intimité, il faut que j’ai confiance dans la personne, et qu’il y ait une certaine relation avant de me déshabiller devant elle.
J’ai constaté que beaucoup de mes concitoyens n’avaient pas la même approche que moi : tout le monde emmène pisser tout le monde. Donc ça ne doit pas les déranger.
Et je ne vous parle pas de l’autre intimité entre 2 personnes handicapées qui se font du bien comme ils peuvent ; et toutes les fois on leur dit : « non, ce n’est pas le bon endroit, ce n’est pas le bon moment » . Donc, il y en a qui se mettent dans une salle ou dans les WC ; et parfois, tu crois arriver dans une salle pour y faire quelue chose, tu ouvres, et tu te retrouves con parce que tu ne sais pas si tu dois les engueuler ou si tu dois refermer la porte.
De toutes façons, ce n’est pas mon rôle de dire ce n’est pas le bon endroit ou de les engueuler. Je sais que c’est un vaste sujet, mais je me rends compte que, vu le changement de la population au niveau intellectuel, il y en a qui font ça n’importe où et les institutions ne se saisissent pas du réel problème.
Pour moi, ça ne me gênerait ps qu’une institution mette en place une pièce, et ça rejoint un ancien texte sur la sexualité et le handicap. Mais je n’ai pas de solution miracle !
Un autre exemple de l’intimité des personnes à mobilité réduite. Nombre personnes féminines ont des protection pour les jours où elles ont des problèmes classiques. Ezlles baladent leurs paquet de couches ou leur protections comme ça dans un sac où tu vois tout. Je trouve ça comme un manque d’intimité pour la personne, et même si on est en collectivité, je ne trouve pas ça bien au niveau discrétion.
Deuxième exemple : un jour, j’ai dû aller, pour dépannage, dans un autre SAJ que je ne nommerai pas. J’ai vu un éducateur accueillir des stagiaires, soit AMP, soit autres. Et il leur a dit, (et je n’en rajoute pas !) « voilà les personnes qu’il faut accompagner ». Il ne leur a pas montré comment les accompagner, leur montrer les toilettes….
Ça m’a choqué, moi, j’étais là en transit, mais ça m’a tellement choqué que je suis allé voir la direction qui était là en place et je lui en ai fait part. Je ne vous dirai pas ce qu’il m’a répondu, mais le comportement de ce professionnel après 20 ans de loyaux services au sein de la même structure, j’ai trouvé ça choquant et je trouve que dans beaucoup d’associations on laisse trop les gens trop de temps à la même place, dans le même SAJ, le même hébergement, sans changer ni le fonctionnement, ni les gens en place. Comment voulez-vous, après 20, 25 ans de boîte, avoir suffisamment de recul au niveau de l’intimité ? Je ne comprends pas ce fonctionnement la.
Je ne l’ai jamais compris. Il faudrait que les directions actuelles qui sont surtout administratives soient plus proches du terrains pour se rendre compte. C’est bien joli d’avoir des chefs, des sous-chefs mais ça ne rend pas compte que les gens s’installent dans un fonctionnement sans se questionner.
Un troisième exemple. J’ai été dans un mini SAJ où on devait prendre notre vie en main et découvrir , en appartement et en journée. Pour des raisons X qui m’échappent, ça n’a pas duré, mais pendant 3 ou 4 ans nous avons eu des stagiaires divers et variés et j’étais avec mes coéquipiers, ou mes concitoyens, et un jour, je n’en rajoute pas, un jour la demoiselle, je ne me rappelle plus son nom, était là en stage. Son premier jour de stage. On devait rentrer à l’appartement, monter à l’étage, et Christian devait faire un autre truc . Christian est l’éducateur qui était en charge des 4 dans le mini appartement. Il n’était pas monté tout de suite, parce qu’il avait des choses à faire en bas, ou des courses pour nous.
Nous voilà tous monté et un usager, ou une usagère demande à la stagiaire, après une journée de présence auprès de nous de l’emmener aux toilettes. Elle n’avait aucune connaissance pour manipuler. Je n’étais pas là à l’accompagnement, mais apparemment, ça s’était bien fini.
Tout ça pour vous dire que beaucoup de mes collègues ont de gros problèmes avec leur intimité personnelle et individuelle et ont demandé après un jour d’être emmené aux toilettes ; cette fois, il y avait le feu et ça pressait. Heureusement, c’est tombé sur quelqu’un qui, pour moi, est une des personnes qui, en tant que stagiaire collait bien au projet.
Mais ça me serait arrivé à moi, j’aurai attendu Christian tant que j’aurai pu, et si j’avais eu une fuite, il y aurait eu une fuite ! Mais jamais je n’aurai pu demander à cette personne de m’aider à aller aux toilettes.
Il y a un gros problème d’intimité quand on est dépendant des autres. On est trop institutionnalisé. Tout le monde doit tout faire et à tout moment. Peu importe qu’il soit prêt ou pas, ou que la personne accueillie soit prête ou pas.
Certes, quand tu as du caractère comme j’en ai, tu arrives à faire passer l’info pour ton intimité. Mais je me rends compte que des gens qui ont le même handicap que moi, avec le même niveau intellectuel que moi, peut-être un peu moins, j’en sais rien, je ne suis pas là pour juger, et bien ce qui me dérange c’est qu’ils se dépoilent devant premier venu ou la première venue. C’est très bien que, dans les stages, et ça se fait maintenant dans des institutions que je connais, on demande une semaine ou deux et que surtout mes concitoyens prennent leur intimité en main.
De même ne pas attendre que les salariés qui disent « non, tu ne dois pas aller faire pisser untel » « non ce n’est pas parce que on t’emmène aux WC qu’on s’occupe de toi »
Pour moi, m’emmener aux toilettes, bien sûr ça m’aide techniquement, mais je ne rentre pas en relation avec la personne ; pas quand je ne la connais pas. Quand je la connais, bien sûr, on parle d’autre chose, de ce qu’on va faire dans les cabinets. Mais voilà, il faut avoir un sacré aplomb, une sacré stature, pour dire « non, je ne veux pas ». Moi, ça m’arrive, mais à des endroits, je sens que ça ne plait pas à tout le monde. Mais je n’en ai rien à foutre.
Jérome Corderet 1 mai 2019
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Le thème me fait penser que tous les papiers officiels vont disparaître parce que nous sommes dans un monde dématérialisé.
Et l'écriture va se perdre. Ça va être remplacé par les ordinateurs et par l'IA.
Et pourtant, il y a des beaux papiers, des beaux stylos et des gens qui écrivent très bien (et d'autres qui n'écrivent pas bien, pour preuve je n'arrive pas à les relire).
Mais il faut continuer d'écrire et se vider la tête.
Jérôme Corderet 27.02.202
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Il y a à peu près 15 jours, nous nous sommes rendus dans un lycée, faire une intervention auprès de jeunes de 11 à 15 ans, si je ne me trompe pas. Ils avaient fait déjà toute la journée des essais de fauteuil manuel dans leur cour ou dans leur lycée. Bon, ça c'est bien pour la découverte de l'Handicap, c'est une certitude, il faut les prendre tôt pour faire des gens qui ont moins peur, si on peut appeler ça de la peur.
Mais, à mon avis, faire une intervention sur une seule journée où ils ne côtoient très peu de gens en situation de handicap, que au moment de la restitution de la journée, j'ai trouvé ça très bien, mais très court. Il y avait plusieurs Handicap que je ne décrirai pas.
Mais moi, je vais en profiter pour parler d'autre chose.
Quand j'étais plus jeune, entre 11 et 20 ans, dans un centre que je ne nommerai pas, il arrivait des fois que des personnes qui travaillaient pour nous aient des enfants et pendant des périodes de vacances (il n'y en a pas eu beaucoup, mais il y en a eu), elles venaient avec leurs enfants pendant leurs heures de travail. Elles, elles faisaient leur travail, nous, ça nous faisait des mains pour faire des chose de concret, ou des bêtises comme pour les enfants.
Je pense que dans les institutions de maintenant, ça ne se fait plus. C'est une erreur. Je ne sais pas pourquoi, je sais qu'il faut rester professionnel, pas mélanger professionnel et personnel, mais il n'empêche que cela nous mélangeait nous et les enfants ; et ça faisait un début d'échange, même si c'était pour faire des bêtises ; ça fait partie de la vie et tout ça. une autre réflexion sur le même thème.
Dans le même centre où j'ai passé de 11 à 20 ans, maintenant je me suis rendu compte que les jeunes qui arrivent de ce centre ou d'un autre centre d'enfants, on ne les prépare pas, mais pas du tout, à être en position d'adultes.
Ça veut dire quoi ? Se retrouver seul dans une chambre, regarder ce qu'on a envie à la télé, savoir s'occuper , peu importe le niveau intellectuel.
Il faudrait que tous les centres qui amènes ces jeunes adultes vers « l'adultité », dans le dernier groupe avant la sortie, pensent à préparer les jeunes à s'investir dans une chambre, à se dire « tiens, là je suis chez moi, là je n'ai pas tout le temps un éduc ou peu importe l'aide que j'ai autour de moi, là, c'est à moi de m'occuper ». Bien sûr, la population a changé, mais toute personne, pour moi, est capable de s'occuper un minimum tout seul. Je vous dis ça parce que je me suis rendu compte que tous les jeunes qui viennent de centres pour enfants dans les centres d'adultes, ne sont pas prêts, et je me demande si on les prépare vraiment à ça, parce que c'est là où ils vont.
Bien sûr, il y a tout ce qui est de l'ordre ce que la personne a dans la tête à trouver à s'occuper, parce que dans tout ce qui est centre d'adulte, il y a moins de personnel, c'est mon avis, et surtout, quand on vient d'avoir 20 ans, qu'on sort d'un établissement d'enfant où il y a tout de prévu ergo, kiné, ortho ou tout ce qui est paramédical, si tu te retrouves en foyer de vie, tout ça c'est aux parents de gérer, ou à la personne si elle est capable de le faire.
Je ne prétends pas avoir raison sur tout, mais je dis qu'on pourrait préparer les enfants qui sortent pour aller dans le secteur adulte et les familles ; à part ceux qui se retrouvent directement en FAM ; là c'est tout pris en charge, mais ceux qui se retrouvent en foyer de vie, c'est assez dur pour eux. Je ne connais pas la vision des parents, mais il faut qu'ils achètent une chaise douche et d'autres trucs des fois, et ils ne sont pas préparés, on ne leur en parle pas.
Moi, je tire un bilan, ce n'est qu'un bilan, mais j'aimerai bien que dans les centres d'enfants qui emmènent les gens vers une section adulte, dans le dernier groupe, prennent en compte cet aspect là.
Jérome corderet 30/05/201
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Téléphones, smartphones et tablettes.
On vit dans un monde aujourd’hui bourré d’électroniques comme, smartphones téléphones et tablettes.
Du point de vue des personnes dépendantes, tous ces appareillages là peuvent nous amener du confort, de la facilité, quoique tout ce qui est tactile, ce n’est pas gagné quand tu n’as pas de dextérité du toucher, j’en parle en connaissance de cause.
Quand on travaille dans le milieu social ou associatif, c’est sûr que, quand tu t’occupes d’une personne et que, pour un oui ou pour un non, tu regardes ton portable, pour ceux qui ont la possibilité de l’exprimer, ça peut être agaçant. C’est comme si la personne que tu aidais n’était pas là. Mais que faire face à l’arrivée de la technologie moderne, à part pondre des lois qui ne seront jamais applicables complètement. Un exemple : dans les écoles alors que les parents, à partir de la 6ème demandent que le fiston ou la fille aie le droit d’avoir son téléphone, au cas où il arriverait quelque chose. Il faut bien se rendre compte qu’on arrive avec une population connectée, il va bien falloir faire avec.
J’ai remarqué aussi dans nos institutions que les personnes atteintes de handicap veulent faire comme les valides, téléphoner n’importe quand, n’importe où, peu importe s’il y a du monde, on parle de tout à tout moment. Je ne sais pas s’il y a quelque chose à y faire, c’est le monde d’aujourd’hui. Pour se parler, on s’envoie un texto ou des e.mails. Même les directeurs de maintenant font tout par e.mails, ne vont plus voir leur équipe ou les résidents pour parler directement des problèmes.
Mais le monde connecté peut créer de la réactivité. Quand tu es à tables et que tu parles de choses et d’autres, de la météo, de la canicule...et que la personne sort son portable pour voir le temps de demain quand c’est le résident qui le demande, je ne trouve pas gênant que ce soit comme cela. Parce que ça fait participer à la conversation, peu importe le thème. C’est le bon coté du monde connecté. Moi aussi, je vois le bon côté des choses ; on parle de quelque chose, on ne sait pas la réponse, on demande à google, on a la réponse et ça crée de la réactivité. À chacun de savoir utiliser ce monde là. Ou pas !
Jérome Corderet 24 juillet 2019